En bref

  • L’infrastructure est dimensionnée pour cinquante trains par jour jusqu’à Bedous A-202, trente au-delà A-089, dont sept allers-retours de fret la nuit A-202. Personne n’a publié le bruit que cela ferait devant chez vous : l’étude acoustique est en cours A-318.
  • Les études de prix immobiliers donnent, pour le bruit ferroviaire, une baisse de 0,4 à 0,7 % par décibel supplémentaire A-296. Le calcul public français retient 0,4 à 1,1 % par décibel selon le niveau A-287, à partir d’études qui donnaient 0,4 à 1,2 % A-286. Ce sont des ordres de grandeur, pas une prévision pour votre maison.
  • Si votre maison est expropriée, vous êtes indemnisé. Sinon, « aucune indemnisation spécifique ne s’applique si les seuils réglementaires de bruit sont respectés » A-216. La perte de valeur n’est pas indemnisée.
  • Une gare proche, elle, fait monter les prix dans les études urbaines A-300. Aucune étude n’a mesuré cet effet pour une halte rurale à six trains par jour.

Le bruit que vous auriez

Le nombre de trains. Les hypothèses de 2024 comptent cinquante trains par jour entre Pau et Bedous, dont dix allers-retours de fret, « 3 de jours, et 7 de nuit » A-202, et trente trains aux futures haltes d’Etsaut ou d’Urdos A-089. Ce n’est pas une prévision de trafic, c’est la capacité pour laquelle la ligne serait construite : voir « Il n’y aura que six trains par jour ».

Le niveau en décibels. Aucun document ne le donne pour un point de la vallée. Le dossier de 2024 envisage « plus de 3 km d’écrans de protection anti-bruit » et des isolations de façades, et annonçait une étude acoustique pour l’automne 2024 A-314. En mars 2025, le maître d’ouvrage la disait « actuellement menée » et promettait de rencontrer les riverains une fois les résultats connus A-318. Les garants avaient recommandé des réunions sur le terrain pour expliquer les méthodes et les seuils A-322. Des habitants ont alerté sur l’amplification du bruit par l’encaissement de la vallée A-323.

Le fret de nuit. Pendant la concertation, les participants ont associé les nuisances « principalement à l’offre de transport de marchandises, notamment aux circulations nocturnes des trains de fret », les TER actuels étant jugés acceptables A-317. Le calcul public compte un train de fret comme quatre trains de voyageurs A-295. L’OMS note que le trafic ferroviaire de nuit sur les lignes chargées, fret compris, « peut être une source importante de perturbation du sommeil » A-304 et recommande de rester sous 44 dB la nuit A-303 et 54 dB en moyenne A-302. Ces valeurs sanitaires n’ont pas force de loi en France.

Ce que la règle tolère

La règle française mesure un niveau moyen sur seize heures de jour et huit heures de nuit, à deux mètres de la façade, fenêtres fermées A-311. Le bruit ferroviaire y est compté avec un correcteur de moins 3 dB(A) par rapport à la route A-308, ce qui revient à lui admettre des seuils supérieurs de 3 dB(A) A-290, au motif qu’il gêne moins à niveau égal ; le rapport Boiteux signale que cela ne vaut pas pour les trains de marchandises A-289. Le pic au passage de chaque train n’entre pas dans le calcul, ce qu’un article de référence sur les prix immobiliers relève aussi A-299.

Pour une voie ferrée classique nouvelle, un logement en ambiance calme ne doit pas recevoir plus de 63 dB(A) de jour et 58 de nuit A-312. Sur une ligne existante modifiée, le bruit après travaux ne doit pas dépasser celui d’avant, ni 65 le jour et 60 la nuit A-309. Le maître d’ouvrage n’a pas dit lequel des deux régimes s’appliquerait à la section Bedous-Canfranc, sans train depuis 1970. Quand la règle impose une isolation de façade, celle-ci doit atteindre 30 dB A-310 : elle protège fenêtres fermées, pas le jardin.

Ce que dit la règle sur l’indemnisation

Le maître d’ouvrage a répondu en mars 2025 : « Les habitations devant être expropriées bénéficieront d’une indemnisation. En revanche, lorsqu’une infrastructure ancienne est située à proximité d’un bâtiment existant, aucune indemnisation spécifique ne s’applique si les seuils réglementaires de bruit sont respectés. » A-216 Environ 150 parcelles et 100 hectares seraient à acquérir A-200, mais le décompte était encore « en cours d’affinage » en mars 2025 A-319. Le maître d’ouvrage note lui-même que les habitants s’inquiètent « de la possible dévaluation des propriétés situées à proximité immédiate de la ligne » A-316. Des habitants ont demandé si la perte de valeur serait compensée A-321 : la réponse est non, sauf expropriation. L’étude de contexte des garants ne relève « pas de conséquence positive attendue pour l’immobilier » A-320.

Ce que les études disent de la valeur du bien

Aucune étude ne porte sur une ligne rouverte en vallée de montagne. Ce qui existe mesure, sur des milliers de ventes, la différence de prix entre maisons plus ou moins exposées :

ÉtudeBaisse de prix par décibel de bruit ferroviaireSource
Lerum, Suède, maisons individuelles0,4 %, et 0,7 % au-dessus de 55 dBA-296
Birmingham, Angleterre0,67 %A-298
Berlin0,575 %A-307
Calcul public français, par niveau0,4 % à 1,1 % selon la trancheA-287
Recensement des études, route et rail0,21 à 1,7 %A-294

Comment lire ces chiffres : ils s’appliquent décibel par décibel, au-delà d’un seuil, en général 55 dB. Une maison qui passerait de 45 à 60 dB en moyenne, soit quinze décibels de plus, verrait d’après ces études sa valeur baisser de 6 à 10 % ; à Seine-Saint-Denis, le bruit ferroviaire a été associé à une décote de 5 à 10 % à partir de 60 dB A-306. Un bruit de nuit compte comme un bruit de jour augmenté de 5 dB A-288. Ce sont des moyennes sur des marchés urbains, avec des intervalles larges, et les études ne s’accordent même pas sur le point de savoir si le rail gêne plus ou moins que la route A-297 ; le rapport Quinet rappelle que cette méthode a été « très peu appliquée » aux projets français A-293. Le seul chiffre qui vaudra pour votre maison sera celui de l’étude acoustique, appliqué à votre distance et à votre exposition.

Dans l’autre sens. Une gare proche fait monter les prix : la méta-analyse de référence mesure un effet de l’ordre de 3 % par 250 mètres de distance à la gare A-300, plus fort pour les gares de trains de banlieue A-301. Ces études sont urbaines. Pour une halte desservie par six TER par jour A-089, personne ne l’a mesuré ; en Écosse, sur une ligne rurale rouverte, 17 % des usagers avaient déménagé depuis l’ouverture et la ligne avait compté pour plus de la moitié d’entre eux A-243.

Ce qui dépend de votre situation

  • La distance à la voie et ce qu’il y a entre : un talus, une maison, un mur changent tout. Seule une mesure sur place répond.
  • Le côté de la vallée : des habitants signalent que l’encaissement amplifie le bruit A-323. L’étude devra le dire.
  • Votre bruit d’aujourd’hui : une maison au bord de la RN 134 n’est pas en « ambiance sonore modérée », et la règle lui accorde 5 dB de plus A-312.
  • Vos chambres : le seuil de nuit ne protège que fenêtres fermées.

Ce qu’on ne sait pas encore

  1. Le niveau de bruit attendu devant chaque habitation, et la liste des bâtiments protégés par écrans ou isolation.
  2. Le régime réglementaire appliqué à la section Bedous-Canfranc : ligne nouvelle ou ligne modifiée.
  3. Les horaires des trains de fret de nuit.
  4. La liste des parcelles à acquérir, qui viendra avec l’enquête parcellaire.
  5. Toute estimation de l’effet sur les prix, que le maître d’ouvrage n’a pas produite et que l’évaluation socio-économique devrait contenir.

Agir

  • Mesurez votre situation : distance de la voie à vos façades, pièces de nuit exposées, bruit actuel. Demandez par écrit au maître d’ouvrage le niveau prévu devant chez vous et si votre maison figure parmi les bâtiments protégés : c’est ce qu’il s’est engagé à présenter aux riverains A-318.
  • Déposez cette demande à l’enquête publique, avec vos observations sur le bruit de nuit. Le dossier devra contenir l’étude acoustique. Voir le calendrier.
  • Gardez une trace de la valeur de votre bien aujourd’hui : une estimation datée, avant toute déclaration d’utilité publique, servira si une expropriation partielle ou un recours devient nécessaire. Voir Déclaration d’utilité publique.
  • Rappelez la règle : la loi impose que la conception d’une infrastructure « prenne en compte les nuisances » qu’elle provoque à ses abords A-313. Une observation qui décrit précisément votre exposition oblige à y répondre.
  • Signalez-vous à l’association : asso-pbc@mailo.com. Le nombre de logements proches de la voie n’a pas été publié ; nous le construisons avec les riverains.

Pour aller plus loin