En bref

  • Aucune installation de fret n’est prévue entre Pau et Canfranc A-213. La plateforme de ferroutage serait à Lacq ou Artix A-214 : la vallée serait traversée, pas desservie.
  • Des entreprises locales sont citées comme chargeurs potentiels, sans qu’aucune ait pris d’engagement A-206.
  • Le chantier crée des emplois et des marchés, à court terme : sur la LGV Tours-Bordeaux, 43 % des contrats sont allés à des entreprises des régions traversées A-249, et 42 % des salariés étaient au chômage dix mois après la fin A-252.

Le train pour vos marchandises

Le dossier de concertation liste des entreprises « situées à proximité de la ligne » avec lesquelles « les discussions sont à intensifier » : Lindt et Poral à Oloron, Safran à Bidos, Toyal à Bedous, Ogeu, Euralis, la Cave de Jurançon A-206. Mais le bilan de mars 2025 est net : « il n’est pas prévu d’installation particulière pour le fret conventionnel sur le linéaire Pau-Canfranc » A-213. Le seul service envisagé est une autoroute ferroviaire entre une plateforme à Saragosse et une autre dans « la zone de Lacq/Artix, au sens large » A-214.

Concrètement, pour une entreprise de la vallée ou d’Oloron : pas de wagon à charger sur place. Il faudrait amener la remorque à Artix, à l’ouest de Pau, pour qu’elle traverse la vallée sur un train. Le projet est dimensionné pour dix allers-retours de fret par jour, dont sept de nuit A-202, mais l’étude de Béarn Adour Pyrénées évalue la demande au quart de ce que deux allers-retours transporteraient A-075. Voir Mobilités et fret.

Vos salariés

Le dossier avance que la desserte ferroviaire « pourrait favoriser le recrutement de nouveaux salariés », en citant Safran à Bidos et Toyal à Accous A-206. C’est plausible pour un site proche d’une gare et pour des salariés venant de Pau ou d’Oloron ; six TER par jour seulement dépasseraient Bedous A-089. Aucune enquête auprès des entreprises n’a été publiée.

Le chantier

Les marchés. Sur la LGV Tours-Bordeaux, 43 % des contrats de sous-traitance et de fourniture sont allés à des entreprises des deux régions traversées A-249, et 350 entreprises locales ont contribué au chantier A-250. Pour un million d’euros investi, 17 emplois-an ont été créés localement A-251. Rapporté aux 450 millions annoncés ici A-201, cela donnerait un ordre de grandeur de quelques milliers d’années de travail, sur toute la durée du chantier et sur toute la Nouvelle-Aquitaine. Ce calcul est le nôtre ; il transpose un ratio de plaine à une vallée de montagne, et il ne dit rien de la part qui reviendrait aux entreprises d’ici.

L’après. Le bilan officiel de la même ligne qualifie l’effet du chantier d’« essentiellement de court terme » A-254 : dix mois après la fin, 42 % des anciens salariés étaient au chômage A-252, et les entreprises qui avaient misé sur le chantier sans autre relais se sont retrouvées exposées A-253. L’exploitation d’une LGV de 300 km emploie ensuite 150 personnes en permanence A-255 ; pour Pau-Canfranc, ce chiffre n’existe pas.

Ce que le maître d’ouvrage en dit. Les besoins de recrutement « ne sont pas encore connus » A-204. Les garants ont relevé que des habitants attendaient des informations sur les recrutements locaux et les bénéfices pour les entreprises locales A-222. Le maître d’ouvrage déclare ne pas disposer d’exemple équivalent A-215.

Ce qui dépend de votre situation

  • Une entreprise du BTP, des travaux publics ou des transports peut trouver des marchés dans le chantier. La question est ce qu’elle devient à la fin.
  • Une entreprise qui expédie des volumes vers l’Espagne ou depuis l’Espagne doit regarder la distance entre son site et Artix, et comparer au camion qui part de sa cour.
  • Un hébergeur ou un restaurateur est traité dans Je tiens un commerce.

Ce qu’on ne sait pas encore

  1. Le coût, le calendrier et le financement de la plateforme d’Artix, hors des 450 millions A-214.
  2. Le prix du passage d’une remorque sur le train, et donc s’il est compétitif avec la route.
  3. La durée du chantier, et la part des marchés qui serait allotie localement.
  4. Une seule lettre d’intention d’un chargeur de la vallée ou du piémont.

Agir

  • Si vous expédiez : demandez par écrit au maître d’ouvrage et à la Région le coût d’une remorque Artix-Saragosse et les horaires. Une réponse chiffrée n’existe pas encore ; votre question la rend nécessaire.
  • Si vous pouvez travailler pour le chantier : demandez le calendrier des consultations et les critères d’allotissement. Les marchés locaux de la LGV Tours-Bordeaux n’ont pas été obtenus par hasard.
  • Déposez vos questions à l’enquête publique. Voir le calendrier.
  • Écrivez-nous : asso-pbc@mailo.com. Nous rassemblons les besoins réels des entreprises, que le dossier ne contient pas.

Pour aller plus loin