Ce que fait ce comparateur

Il pose une seule opération : combien de tonnes la route transporte-t-elle aujourd’hui au Somport, combien de tonnes le rail pourrait-il en transporter, et combien de camions cela représente-t-il.

Le calcul ramène tout au tonnage annuel, puis à une moyenne sur 365 jours. C’est nécessaire parce que les deux grandeurs ne sont pas de même nature : le trafic routier est un trafic moyen journalier annuel, la capacité ferroviaire dépend d’un nombre de convois et de jours d’exploitation.

Il applique ensuite deux règles simples. Un camion vide n’a pas de marchandise à transférer, il reste donc sur la route quelle que soit l’offre ferroviaire. Et le rail ne peut pas reprendre plus de camions qu’il n’y en a de chargés.

D’où viennent les valeurs de départ

ParamètreValeur initialeSource
Poids lourds par jour361 A-027Cerema, comptage 2022
Tonnage moyen par camion16,2 t A-044Cerema, enquêtes 2021
Camions circulant à vide25 % A-043Cerema, enquêtes 2021
Allers-retours de fret par jour2 A-071BAP, mars 2020
Charge utile par convoi700 t A-069BAP, hypothèse haute assumée
Trajets effectués à vide50 % A-070BAP, wagons spécialisés
Jours d’exploitation par an365 A-072BAP, hors incident

Ces valeurs reproduisent le calcul de l’étude BAP, qui aboutit à 500 000 à 600 000 tonnes par an A-072. Le comparateur retrouve 511 000 tonnes.

Les trois jeux d’hypothèses proposés

Fourchette haute BAP. Deux allers-retours par jour, 700 tonnes nettes par convoi. L’étude qualifie elle-même ces valeurs de fourchette haute A-069, obtenues avec des motrices électriques qui ne circulent pas sur cette ligne.

Dimensionnement SNCF Réseau. Dix allers-retours par jour, soit les vingt trains de fret du dossier de concertation A-003. C’est une capacité d’infrastructure, pas une prévision de trafic. L’étude BAP relève par ailleurs qu’à deux allers-retours, la voie unique est déjà occupée 10 à 11 heures par jour A-071.

Hypothèse prudente. Un aller-retour, 530 tonnes avec deux motrices du parc SNCF A-068, 300 jours d’exploitation. Elle tient compte des interruptions pour incident, intempérie ou maintenance, que l’étude BAP écarte explicitement de son calcul A-072.

Ce que le résultat ne prouve pas

Le comparateur mesure un plafond, pas un trafic. Passer de la capacité au trafic réel suppose de répondre à des questions qu’aucun document publié ne traite : quelle part de la marchandise est techniquement transférable, à quel prix, avec quels terminaux et quels opérateurs.

La page Ce qui ne passera pas par le train examine ces conditions une par une.

Un dernier point mérite attention. Le résultat en pourcentage dépend entièrement du tonnage routier retenu. Le comparateur utilise les 16,2 tonnes par camion mesurées par le Cerema A-044. L’étude BAP, elle, raisonne sur un tonnage annuel de 3,3 millions de tonnes repris du livre blanc CRELOC-CREFCO A-077, sensiblement supérieur à ce que donne le comptage. Les deux lectures ne peuvent pas être exactes en même temps.

Sources

Voir aussi Le trafic routier aujourd’hui et Le trafic ferroviaire.