Pyrénées Bien Commun propose d’étudier la création d’une voie continue pour les piétons et les cyclistes entre la gare de Bedous et les Forges d’Abel. L’objectif est de relier les villages, sécuriser les déplacements actifs et valoriser le patrimoine ferroviaire sans engager une reconstruction ferroviaire complète.

Ancienne voie ferrée vers Etsaut en 2026

Le principe

L’itinéraire utiliserait autant que possible l’ancienne plateforme ferroviaire sur environ 25 km. Il desservirait Bedous, Accous, Cette-Eygun, Etsaut, Borce et Urdos, avec une poursuite jusqu’aux Forges d’Abel.

À Bedous, la voie serait reliée à la gare et aux TER venant d’Oloron et de Pau. Une correspondance par car permettrait de poursuivre vers Canfranc. Des liaisons locales vers Osse-en-Aspe, Lées-Athas et Borce compléteraient le tracé.

Les usages recherchés

  • déplacements à pied ou à vélo entre les villages ;
  • itinéraire plus sûr pour une partie des marcheurs du GR 653 ;
  • accès aux commerces, hébergements et services locaux ;
  • promenade familiale et cyclotourisme ;
  • découverte des gares, viaducs et tunnels ;
  • connexion avec le train à Bedous.

Une flotte de vélos à assistance électrique en libre-service est également envisagée dans le brouillon du collectif. Elle pourrait faciliter la montée de la vallée, mais son besoin, son dimensionnement et son modèle de gestion doivent être testés séparément.

Un aménagement sobre et réversible

L’esquisse prévoit une largeur utile de 2,5 à 3 mètres et un revêtement en grave et sable stabilisé, sans bitume. Le ballast existant pourrait être réemployé comme fondation lorsqu’il est sain et compatible avec les usages.

La proposition cherche à conserver les ouvrages ferroviaires et à éviter les transformations irréversibles. Cette intention doit toutefois être validée techniquement. La dépose ou la conservation des rails, la sécurité des tunnels, l’étanchéité des ouvrages et les conditions d’une éventuelle remise en service ferroviaire future restent à étudier.

Les ouvrages à traiter

Le parcours comporte de nombreux tunnels et viaducs. Leur ouverture au public impose :

  • un diagnostic structurel ;
  • la sécurisation des chutes et des accès ;
  • un éclairage sobre des tunnels, déclenché au passage ;
  • un dispositif d’appel ou de secours dans les sections longues ;
  • une gestion des eaux et des matériaux instables ;
  • un plan d’entretien à long terme.

Des franchissements dédiés sont esquissés près d’Accous et entre Etsaut et Urdos pour éviter la RN 134. Leur emplacement et leur coût ne sont pas établis.

Un premier chiffrage à vérifier

Le dossier de travail de mars 2026 avance un investissement d’environ 1,286 million d’euros, dont 1,104 million pour l’aménagement linéaire, 132 000 euros pour six stations de recharge et 50 000 euros pour vingt vélos électriques.

Ce montant est une hypothèse interne préliminaire. Il repose sur des ratios issus d’autres voies vertes et ne comprend pas nécessairement tous les diagnostics, réparations d’ouvrages, passerelles, mises aux normes, acquisitions, études et aléas propres à une vallée de montagne. Il ne doit pas être utilisé comme un devis.

Le même document estime l’entretien de la voie à 100 000 euros par an et la maintenance du service vélo à 35 000 euros par an. Ces hypothèses doivent être confrontées à des retours d’expérience comparables et à une étude de fréquentation.

Ce qu’il faut étudier avant de conclure

  1. La maîtrise foncière et l’accord du propriétaire de l’emprise.
  2. L’état détaillé de chaque tunnel, pont et viaduc.
  3. Le coût des franchissements et des accès aux villages.
  4. Les effets sur les milieux naturels et les espèces utilisant aujourd’hui l’emprise.
  5. L’accessibilité aux personnes à mobilité réduite.
  6. Les besoins réels des habitants, marcheurs et cyclistes.
  7. Le coût complet sur trente ans.
  8. La réversibilité effective de l’aménagement.

Statut de la proposition

Cette voie douce est un contre-projet citoyen en cours de définition. Elle n’a pas fait l’objet d’une étude de faisabilité portée par une collectivité ni d’une décision de réalisation. La publier permet d’ouvrir la comparaison, pas de prétendre que toutes les difficultés sont résolues.

Photographie : ancienne emprise ferroviaire vers Etsaut, fonds documentaire Pyrénées Bien Commun, 2026.